1993. Garou multiplie les petits boulots, passant entre autres de déménageur à cueilleur de vignes,... Il occupe même le poste de vendeur de vêtements dans une boutique à la mode. Il passe la plupart de ses nuits dans les discothèques, roupille un peu et retourne bosser après le lever du soleil. Au sortir des bars de Sherbrooke, à trois heures du matin, il n'est pas rare qu'il entonne, guitare au cou, les classiques du répertoire québécois. Avec le trottoir pour scène, les noctambules des différents débits de boissons de la rue principale s'agglutinent autour de lui, tapent des mains et des pieds, dansent et s'amusent allègrement. Ces petites sessions improvisées se terminent inéluctablement par l'arrivée des policiers qui n'ont d'autre choix que de disperser la foule, sourire aux lèvres. Son plaisir est contagieux. "Je faisait des folies, bien sûr, mais des folies qui faisaient sourire". Pour le plaisir, il chante même dans le métro de Montréal, ajustant continuellement son répertoire en fonction des gens qui passent devant lui: Sex Pistols pour le jeune rebelle, Aznavour pour le couple s'échangeant des regard amoureux, comptine improvisée pour l'enfant blotti dans les bras de sa maman... La musique, que pour le bien-être des autres. Sans plus, sans but précis.